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Avec la Fonction Achat Territoriale, c’est déjà la fusion

Emmanuelle Pannier

La réforme des GHT a été conçue pour servir la qualité, la sécurité et l’accessibilité aux soins hospitaliers, positionnant le patient au cœur de la réforme. Cette réforme garantit également les conditions de la mise en œuvre du projet médical : la fonction Achat fait donc partie intégrante du processus. Emmanuelle Pannier, gestionnaire au CH de Cancale (assistante acheteuse à la Direction des Achats) témoigne de l’impact de la mise en place de la Fonction Achat Territoriale mise en place en avril 2018.

 

Dans cette interview,  Emmanuelle Pannier répond aux questions suivantes :

Quelle est votre participation à la mise en œuvre de la Fonction Achat Territoriale ?

La Fonction Achat des GHT requiert une mobilisation importante des équipes : beaucoup de mes collègues – acheteurs ou assistants acheteurs à Dinan et Saint-Malo - ont vu leur poste modifié. Et l’arrivée de nouveaux agents a nécessité d’assurer leur formation, en plus de leur mission première. Mon périmètre de poste n’ayant pas changé, j’ai été sollicitée pour aider mes collègues. Je fais donc la liquidation des factures pour Dinan et Saint-Malo : j’ai bloqué le mercredi matin et le jeudi pour les avancer dans leur travail. Je me suis engagée auprès d’eux et je veux prouver que je suis capable de le faire. Quand je dis « moi », c’est aussi pour le CH de Cancale : petit mais costaud ! C’est mon choix, mon petit challenge.

 

Qu’est-ce que vous a apporté la mise en place de la Fonction Achat Territoriale ?

C’est une vraie satisfaction d’être venue en renfort du CHD et du CHSM, d’autant que j’ai des remerciements de la part des collègues. Le site de Cancale est un peu le « Petit Poucet » du GHT. On oublie même parfois de nous citer en réunion. Nous sommes fiers de notre structure et nous souhaitons prendre notre juste place dans le GHT.
J’ai un peu perdu en autonomie car je ne peux plus faire seule les achats. Je passe par les acheteurs désignés selon un organigramme défini : une seule commande, une seule facture... Je suis en quelque sorte tributaire d’eux, avec pour le moment une certaine inertie liée à ce qu’ils doivent aussi former les agents nouvellement arrivés.

« Nous sommes dans une période de calage et il faut l’accepter et s’adapter. Et il y a un bénéfice matériel évident grâce au groupement d’achat et à la mutualisation. On bénéficie des avantages des gros marchés, ce qui est très positif financièrement. »

 

Comment envisagez-vous la fusion ?

J’ai déjà vécu une fusion à Cancale entre le Foyer Logement et le Long Séjour en 2003. Ça a été difficile, mais avec du recul, je suis sûre aujourd’hui qu’il faut voir ces évolutions de manière positive. Je gère les contraintes au fur et à mesure. Est-ce que ça vaut réellement le coup de s’inquiéter ? Il faut y aller puisque nous n’avons pas le choix. Il faut savoir avancer. Et puis en ce qui me concerne, avec la Fonction Achat Territoriale, c’est déjà la fusion.

Mais j’ai des craintes aussi. Mon poste actuel à Cancale est très riche, très diversifié et je ne souhaite pas entrer dans la routine, avec des missions trop cloisonnées. C’est difficile aussi de se projeter dans une nouvelle équipe, un nouveau lieu. Rien n’est décidé aujourd’hui mais il est normal que chacun anticipe ces questions. La crainte de la mobilité entre les 3 sites est sans doute celle qui revient le plus quand on évoque la fusion. Mais c’est déjà le cas aujourd’hui : à Cancale par exemple, des salariés de Saint-Malo passent une partie de leur semaine chez nous (ergothérapeute, infirmière hygiéniste, pharmacienne…). Et notre secrétaire de direction passe 2,5 jours par semaine à Saint-Malo. J’ai la sensation que ça se passe plutôt bien, donc c’est possible ! Sans compter que pour une petite structure comme la nôtre, c’est une vraie chance de bénéficier de ces compétences.

2019 est une année qui s’annonce intense, avec une surcharge de travail pour tous compte tenu des échéances et des incertitudes. La nécessaire harmonisation des pratiques va demander un investissement important de la part du personnel pour s’adapter. Il est indispensable que nous puissions échanger franchement entre nous et avec la direction générale, de trouver le moyen ensemble d’apporter des réponses aux rumeurs, de mettre « carte sur table » dans un espace de dialogue sécurisé, sans crainte de retombées.

Associer le personnel, c’est fondamental : il faut compter sur les gens. Il y a l’institution et il y a les gens qui vont faire la fusion. Il faut que le personnel se sente soutenu. Ne pas avoir peur de dire les choses poliment et simplement, dans un climat de confiance réciproque : c’est la base de l’échange !

 

Virginie Fassel (Essentiel), pour le GHT Rance Émeraude 

 

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