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L’addictologie : un exemple de coopération multi-sites

Marie-Pierre Ménard

Infirmière coordinatrice en addictologie, Marie-Pierre Ménard expérimente au quotidien la coopération multi-sites entre Dinan et Saint-Malo, encadrant les équipes du CSAPA et l’équipe de liaison d'addictologie qui, si elles sont propres à chaque site, fonctionnent étroitement. L'addictologie est une des activités d’ores et déjà organisée territorialement. Objectif : la complémentarité des partenaires de la filière hospitalière et l’articulation pour l’orientation des patients vers la structure la plus adaptée à leurs besoins.


Dans cette interview, Marie-Pierre Ménard répond aux questions suivantes :

En quoi consiste votre rôle d’infirmière coordinatrice en addictologie ?

Le premier objectif est la coordination des 4 unités de l’addictologie ambulatoire : le CSAPA (Centre de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie), l’ELSA (Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie), l’hôpital de jour territorial et la consultation d’addictologie/tabacologie. Il s’agit également de faire du lien avec toutes les structures médico-sociales et associations extérieures sur le territoire. Enfin, cette mission doit permettre la coordination et l’harmonisation des pratiques, mais aussi des outils des structures d’un même territoire (ex : dossiers de soins des patients, organisation des temps d’entretien…). Il ne s’agit pas de grands bouleversements mais d’une homogénéisation qui doit faciliter le travail de chacun, une partie des intervenants étant déjà multi-sites. Nous devons assurer la fluidité du parcours de soins.

On est territorial avant tout. Les profils de poste sont eux-mêmes territoriaux, que les soignants dépendent du CH de Dinan ou du CH de Saint-Malo et quel que soit le site d'exercice.

 

Comment vivez-vous cette intervention multi-sites ?

Les avantages sont évidents : créer du lien, mieux se connaître pour fonctionner ensemble (donner un avis sur un patient devient plus facile), s’enrichir mutuellement des pratiques des collègues. La diffusion de l’information sur les conduites addictives en est également facilitée. Des formations ont lieu tous les ans, en alternance à Saint-Malo et Dinan, avec une ouverture aux 3 sites du GHT. Là encore, on crée du lien entre les personnels et on s’enrichit mutuellement dans le respect des compétences de chacun.

L’adaptation est primordiale. Mon rôle de coordinatrice est accepté, je pense, et ne pose pas de problème aux équipes. Ma mission est claire : échanger, clarifier pour dégager des pratiques et des outils qui soient cohérents pour tous, au bénéfice du patient, mais aussi de soignants. Il faut d’abord comprendre les fonctionnements et les logiques de chacun avant de les harmoniser.

L’addictologie, comme bien d’autres spécialités, est en constante évolution. Le prochain challenge sur le territoire, c’est de développer une consultation pour les jeunes consommateurs en poly-addiction (alcool, tabac, drogue, écran…). On doit pouvoir aller au-devant des jeunes sur les sites qui leur sont dédiés (ex : maison des jeunes) avec des actions d’information et de prévention. Je parle de challenge, car on est ici face à une multiplicité d’acteurs selon les communes, pour lesquels nous devons adapter notre discours et notre approche pour lever les éventuelles réticences. Ce nouveau service devrait être opérationnel courant 2019.

 

Comment envisagez-vous l’impact de la fusion au regard de votre mission ?

Etant déjà engagés dans des unités territoriales, la fusion peut être un plus mais ça ne changera pas fondamentalement nos pratiques. Nous attendons cependant beaucoup de la mutualisation des moyens, notamment du point de vue de l’informatisation des dossiers des patients. En addictologie en effet, les dossiers ne sont pas informatisés dans toutes les unités, notamment pour des questions de sécurité des données personnelles : la confidentialité est fondamentale et l’évolution des logiciels en matière de sécurité devrait nous permettre de faire évoluer notre pratique. Le travail est en cours et permettrait une plus grande réactivité dans le suivi quand un patient se présente sur des unités différentes d’une fois sur l’autre. Cette informatisation n’empêchera pas de se parler et d’échanger sur la prise en charge, c’est important !

Au-delà des services dédiés à l’addictologie, nous ressentons déjà des effets bénéfiques de la fusion avec la mise en place d’interlocuteurs communs sur les différents sites pour nos besoins en matériel par exemple. C’est le cas déjà pour le référent Achat. Ca simplifie des choses car on ne se pose plus la question du bon interlocuteur.

 

Virginie Fassel (Essentiel), pour le GHT Rance Emeraude

 

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